fbpx

Aider les autres vous rendra plus heureux

Se sentir bien en temps de pandémie

Une étude récente montre que les personnes faisant du bénévolat, ou soutenant d'autres personnes en cette période de pandémie, ont tendance à se sentir plus heureuses. Le fait d'apporter de l'aide à autrui a ainsi pour effet d'augmenter les émotions positives et lutter contre contre la sensation d'isolement grâce au contact social.
Cette étude montre les bienfaits de l’altruisme sur notre bien-être.

Traduction de l’article Helping Others Can Help You Feel Better During the Pandemic  écrit par Elizabeth Cooper, paru le 1er décembre 2020 sur le site Greater Good Magazine.

Maintenir ou créer du lien en temps de pandémie

La pandémie du coronavirus nous a montré à quel point nous dépendons des autres. Cette année, nous avons été forcés de trouver de nouvelles façons de rester connecter, sous différentes formes. Il a ainsi été possible de s’inscrire à des activités de bénévolat numérique, des Happy Hour ont été organisés sur Zoom, et différents réseaux d’entraide ont vu le jour.

Comment ces nouvelles façons de créer du lien ont impacté notre bien-être durant cette période de crise ?

Selon une recherche publiée par The Gerontologist, toute l’aide que nous offrons ou recevons est un moyen d’améliorer nos journées et de renforcer nos relations.

Avec les mesures de confinement qui ont été prises à partir de mars 2020, une équipe de chercheurs a commencé à interroger différentes personnes par le biais d’un questionnaire à remplir chaque soir pendant une semaine. Au total, plus de 1000 participants aux USA et au Canada ont répondu à cette étude au printemps et en été. Dans ce sondage, on a demandé aux participants s’ils avaient aidé quelqu’un ce jour-là, par le biais d’une activité de bénévolat organisée de manière formelle, ou en proposant son aide de manière informelle (par exemple en offrant un soutien moral à un ami ou en aidant un voisin pour ses courses). À la suite de cela, les participants rapportaient leur ressenti face à leurs émotions, si celles-ci étaient positives ou négatives. Ils indiquaient aussi s’ils avaient reçu le soutien de quelqu’un ce jour-là. Enfin ils notaient leur satisfaction vis-à-vis de leurs relations.

L'importance d'apporter de l'aide pour son propre bien-être

Les chercheurs ont observé que les participants ayant proposé leur aide plus fréquemment (de manière formelle ou informelle) ont ressenti de plus fortes émotions positives, moins d’émotions négatives, et plus de satisfaction quant à leurs relations. De plus, une fluctuation du bien-être de chaque personne a été observée dans le temps. Le jour où les participants ont effectivement aidé d’autres personnes, le ressenti d’émotions positives étaient plus grands et ils étaient plus satisfaits de leurs relations, comparé aux jours où ils n’avaient aidé personne.

Ajoutons qu’offrir un soutien moral, c’est à dire être par exemple plus à l’écoute d’une personne, plutôt que d’essayer de résoudre les problèmes de cette personne, avait un effet bénéfique particulier, puisqu’aux jours correspondant aux fois où les participants ont offert ce type d’aide, les émotions négatives ce sont avérées plus faibles.  

L'altruisme a-t-il un effet différent selon l'âge ?

Dans cette étude, les participants plus âgés (60 et plus) étaient les plus enclins à participer à des activités de bénévolat formelles. Ce même groupe de personnes avaient aussi plus de chance de recevoir un soutien moral de la part d’autrui. Ces participants ont observé un plus haut niveau de bien-être au vu du niveau des émotions positives et négatives, et de satisfaction de leur relation qui ont été rapportés. Ainsi, on peut dire que le bénévolat et le maintien du lien social, même à distance, joue certainement un rôle pour le bien-être des personnes plus âgées durant la pandémie.

Recevoir de l’aide semble d’ailleurs bénéfique à toutes les tranches d’âge : aux jours où les participants de l’étude ont reçu le soutien d’autres personnes, leurs émotions positives étaient plus présentes et leurs relations plus satisfaisantes. Si ce dernier point peut sembler évident, il diffère en fait des résultats d’études précédentes, qui montraient que recevoir de l’aide n’est pas toujours apprécié. Par exemple, recevoir une aide que l’on n’a pas sollicité peut-être une expérience déplaisante, car cette situation peut remettre en cause nos compétences. Cette précédente recherche soulevait que le sentiment d’incompétence, ou d’impuissance, résultant d’une aide reçue, pouvait avoir des conséquences négatives telle que l’apparition de signes de dépression.

Recevoir une aide morale est tout aussi bénéfique que d'en offrir

Pourquoi la réception de soutien est-elle différente dans cette nouvelle étude ? Selon Nancy Sin, auteure de l’étude (Université de British Columbia), une des raisons peut être du fait de la pandémie. Puisque tout le monde traverse une période de stress collectif, avoir besoin d’aide est, en quelque sorte, devenu une norme.

De plus, les participants à l’étude étaient particulièrement susceptibles de recevoir un soutien moral. Dans cette situation particulière d’un événement incontrôlable et imprédictible, ce soutien a pu même être plus efficace que de recevoir l’intervention de quelqu’un pour résoudre un problème. Il est important de soulever que ce type de soutien est souvent réciproque durant cette période de crise. Ainsi, durant une même conversation avec un ami, nous pouvons nous retrouver à la fois dans le rôle de soutien, et de celui ou celle qui reçoit ce soutien.

Vous sentez-vous seul ou isolés actuellement ?​

Le conseil de Nancy Sin est de rechercher des opportunités de contact avec d’autres personnes, que cela soit de manière formelle en se portant volontaire pour une organisation (nombre d’entre elles proposent des activités virtuelles ou physiques respectant la distanciation sociale) ou simplement en contactant une personne que vous n’avez pas vu depuis longtemps.

Une autre façon de se rendre utile est d’aider d’autres personnes à se connecter aux outils numériques dont ils ont besoins pour organiser une visioconférence ou mener une activité de bénévolat en ligne. Bien que de plus en plus de séniors soient connectés à internet, tous ne le sont pas, et les inégalités socio-économiques peuvent exacerber ce problème. Le fait d’aider à combler ce fossé numérique aura un impact sur leurs liens avec autrui.

 

Nancy Sin Suggère aussi que les efforts que nous fournissons aujourd’hui pour cultiver nos liens sociaux pourrait même être bénéfique sur le long terme. En effet, les réseaux de bénévoles, les groupes communautaires, les organisations d’aide mutuelle que nous construisons, malgré la distanciation sociale, sont des ressources que l’on pourra préserver, même après la pandémie. Ainsi, elle déclare : « J’espère qu’en devenant plus actif dans notre altruisme, en nous impliquant plus au sein de nos communautés, nous participons à construire des ressources sur lesquelles nous pourrons encore compter dans le futur, même après la fin de la pandémie ».

Crédit photo : Tim Mossholder et Sasha Freemind

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *